L’apnée du sommeil : c’est quoi ?
L’apnée du sommeil est un trouble respiratoire qui survient pendant la nuit et perturbe la qualité du sommeil. Elle se caractérise par des interruptions répétées de la respiration ou une diminution importante du passage de l’air dans les voies respiratoires. Ces épisodes peuvent se produire sans que la personne en ait conscience. Un ronflement important, une fatigue persistante au réveil ou une somnolence pendant la journée peuvent notamment évoquer ce trouble.
Mais l’apnée du sommeil, c’est quoi exactement ? Quels sont les signes qui doivent alerter, et comment savoir si l’on souffre d’apnée du sommeil ? Quels sont les facteurs favorisants et les risques si on ne la traite pas ? On vous dit tout sur ce trouble qui touche environ 4% de la population adulte en France, et dont la fréquence augmente malheureusement avec l’âge.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
L’apnée du sommeil, également appelée syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) dans sa forme la plus fréquente, correspond à des obstructions répétées des voies aériennes supérieures pendant le sommeil.
Lorsque les muscles de la gorge se relâchent, le passage de l’air peut se rétrécir ou se fermer temporairement. La respiration diminue alors fortement ou s’interrompt pendant plusieurs secondes. On parle d’hypopnée lorsque le passage de l’air diminue et d’apnée lorsqu’il s’interrompt presque complètement ou complètement.
Ces épisodes peuvent durer généralement de 10 à 30 secondes, parfois davantage, et se répéter plusieurs fois par heure. Ils peuvent entraîner une baisse de l’oxygénation du sang et provoquer de brefs réveils, souvent imperceptibles. Le sommeil devient alors moins réparateur, même si la personne pense avoir dormi toute la nuit.
L’apnée obstructive est la forme la plus courante. Il existe également des apnées centrales, liées à un défaut temporaire de la commande respiratoire par le cerveau.
Quels sont les symptômes de l’apnée du sommeil ?
Les symptômes ne sont pas toujours faciles à identifier, car les épisodes respiratoires se produisent pendant le sommeil. Certains signes sont remarqués par l’entourage, tandis que d’autres se manifestent surtout pendant la journée.
Les signes nocturnes
Plusieurs manifestations peuvent faire suspecter une apnée du sommeil pendant la nuit :
- Des ronflements sonores et réguliers, parfois interrompus par des silences.
- Des pauses respiratoires observées par le conjoint ou un proche.
- Des reprises respiratoires bruyantes, avec une sensation d’étouffement ou des halètements.
- Un sommeil agité, avec des réveils fréquents.
- Des réveils nocturnes pour uriner.
- Une sensation de sommeil non réparateur au réveil.
Le ronflement seul ne signifie pas nécessairement qu’une personne souffre d’apnée du sommeil. En revanche, des ronflements associés à des pauses respiratoires ou à une fatigue importante justifient une évaluation médicale.
Les symptômes pendant la journée
Les perturbations répétées du sommeil peuvent avoir des conséquences pendant la journée, notamment :
- Une fatigue persistante, même après une nuit complète.
- Une somnolence excessive, avec parfois des endormissements involontaires.
- Des difficultés de concentration ou de mémorisation.
- Des maux de tête au réveil.
- Une irritabilité, une baisse de moral ou des changements d’humeur.
- Une diminution de la vigilance et des performances au quotidien.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques à l’apnée du sommeil : ils peuvent aussi être liés à d’autres troubles ou à un manque de sommeil. C’est leur association avec les signes nocturnes et les résultats d’un examen du sommeil qui permet d’orienter le diagnostic.
À retenir : des pauses respiratoires constatées pendant la nuit, des ronflements importants et une somnolence marquée dans la journée constituent des signes évocateurs. Seul un examen du sommeil permet de confirmer le diagnostic.
Comment savoir si l’on fait de l’apnée du sommeil ?
Certains signes peuvent conduire à suspecter une apnée du sommeil, mais ils ne suffisent pas à la diagnostiquer avec certitude.
Il est utile de consulter un médecin lorsque les ronflements sont importants, que l’entourage observe des interruptions de la respiration ou que la fatigue et la somnolence persistent sans explication évidente. Le médecin prend en compte les symptômes, les antécédents et les facteurs de risque, puis peut prescrire un examen du sommeil.
Il ne faut pas attendre de présenter tous les symptômes pour demander un avis médical. Certaines personnes souffrent d’apnée du sommeil sans ronflement particulièrement marqué ou sans somnolence ressentie comme excessive.
Quels sont les facteurs de risque de l’apnée du sommeil ?
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une apnée obstructive du sommeil :
- Le surpoids et l’obésité, qui peuvent favoriser le rétrécissement des voies respiratoires.
- L’âge, car le risque augmente avec le vieillissement.
- Le sexe : le trouble est plus fréquent chez les hommes avant un âge avancé, mais les femmes sont également concernées.
- La morphologie des voies aériennes, notamment certaines particularités anatomiques de la mâchoire ou de la gorge.
- La consommation d’alcool, particulièrement le soir, qui favorise le relâchement des muscles des voies respiratoires.
- Certains médicaments sédatifs, susceptibles d’aggraver les troubles respiratoires chez certaines personnes.
L’absence de surpoids n’exclut pas une apnée du sommeil. Ce trouble peut également toucher des personnes minces, notamment en présence de particularités anatomiques ou d’autres facteurs prédisposants.
L’apnée du sommeil chez la femme : des symptômes parfois différents
Chez les femmes, l’apnée du sommeil peut se manifester par des symptômes moins typiques ou moins facilement identifiés : fatigue persistante, insomnie, maux de tête, difficultés de concentration ou troubles de l’humeur.
Les ronflements et les pauses respiratoires peuvent être moins souvent signalés, ce qui contribue parfois à retarder le diagnostic. Le risque d’apnée du sommeil augmente également après la ménopause.
Une fatigue inexpliquée ou un sommeil peu réparateur ne doivent donc pas être systématiquement attribués au stress, à l’âge ou aux changements hormonaux, surtout lorsque d’autres signes évocateurs sont présents.
Comment diagnostique-t-on l’apnée du sommeil ?
Le diagnostic repose sur un enregistrement de la respiration et du sommeil. Selon la situation, le médecin peut prescrire l’un des examens suivants :
- La polygraphie ventilatoire : elle enregistre notamment la respiration, les efforts respiratoires et l’oxygénation pendant le sommeil. Elle peut être réalisée à domicile dans certaines situations.
- La polysomnographie : cet examen plus complet enregistre également plusieurs paramètres du sommeil et peut être indiqué lorsque la situation nécessite des investigations plus approfondies.
Ces examens permettent notamment de calculer l’index d’apnées-hypopnées (IAH), c’est-à-dire le nombre moyen d’épisodes d’apnée et d’hypopnée par heure de sommeil ou d’enregistrement, selon l’examen utilisé.
Quelle est la gravité de l’apnée du sommeil ?
La sévérité est notamment évaluée à partir de l’index d’apnées-hypopnées (IAH). Chez l’adulte, les seuils habituellement utilisés sont les suivants :
| Sévérité | IAH par heure |
|---|---|
| Légère | 5 à 15 |
| Modérée | 16 à 30 |
| Sévère | Plus de 30 |
La gravité ne dépend toutefois pas uniquement de cet index. Les symptômes, la baisse éventuelle de l’oxygénation, les autres maladies et les conséquences sur la vie quotidienne sont également pris en compte par le médecin.
Quelles sont les conséquences possibles d’une apnée du sommeil non traitée ?
Une apnée du sommeil non prise en charge peut entraîner une somnolence importante et une baisse de vigilance. Cela augmente notamment le risque d’accident au volant ou lors d’activités nécessitant une attention soutenue.
Le syndrome est également associé à un risque accru de problèmes cardiovasculaires et métaboliques, notamment l’hypertension artérielle. Ces risques varient selon la sévérité du trouble, les symptômes et l’état de santé général. Ils ne signifient pas que toute personne souffrant d’apnée développera nécessairement ces complications.
Attention à la somnolence au volant : si vous luttez pour rester éveillé ou si vous vous endormez involontairement, ne conduisez pas et demandez rapidement un avis médical.
Quels sont les traitements de l’apnée du sommeil ?
La prise en charge de l’apnée du sommeil dépend de la sévérité de l’apnée, des symptômes et de la situation médicale de chaque personne. Plusieurs options peuvent être envisagées après la confirmation du diagnostic. L’appareil à pression positive continue (PPC), porté pendant la nuit, est un traitement de référence dans certaines situations, mais il n’est pas la seule solution possible. Des alternatives moins contraignantes peuvent être envisagées selon les cas.
Découvrez les différentes options, leurs avantages et indications en consultant notre article détaillé sur les traitements de l’apnée du sommeil.
À retenir sur l’apnée du sommeil
L’apnée du sommeil est un trouble respiratoire nocturne qui peut perturber profondément la qualité du sommeil. Des ronflements importants, des pauses respiratoires, une fatigue persistante ou une somnolence pendant la journée peuvent être des signes évocateurs.
Ces symptômes ne suffisent toutefois pas à confirmer le diagnostic. En cas de doute, consultez un médecin : un examen du sommeil permettra de déterminer si vous souffrez d’apnée du sommeil et d’en évaluer la sévérité.
Sources scientifiques
- Inserm – L’apnée du sommeil : mécanismes, facteurs de risque et conséquences.
- Assurance Maladie – Comprendre les apnées-hypopnées obstructives du sommeil.
- Assurance Maladie – Symptômes, diagnostic et évolution de l’apnée du sommeil.
- Haute Autorité de santé – Recommandations de prise en charge des patients atteints d’apnées du sommeil.