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Naissance prématurée et autisme : existe-t-il un lien ?

La naissance prématurée pourrait être associée à un risque plus élevé de développer un trouble du spectre de l’autisme (TSA). C’est ce que suggère une vaste étude suédoise publiée en 2021, qui a analysé les données de plus de 4 millions de personnes nées entre 1973 et 2013. Les chercheurs ont observé que le risque de diagnostic d’autisme était plus important chez les personnes nées prématurément, en particulier chez celles nées très tôt au cours de la grossesse.

Ces résultats ne signifient toutefois pas que la prématurité provoque systématiquement l’autisme. La grande majorité des enfants nés prématurément dans cette étude n’ont pas reçu de diagnostic de TSA. Alors, quel est le lien entre l’âge gestationnel à la naissance et le risque d’autisme ? Que révèlent les recherches scientifiques et pourquoi le repérage précoce des troubles du neurodéveloppement est-il important ?

Naissance prématurée : que révèle l’étude sur le risque d’autisme ?

Publiée en septembre 2021 dans la revue scientifique Pediatrics, l’étude intitulée « Preterm or Early Term Birth and Risk of Autism » a été menée par des chercheurs de l’école de médecine Icahn du Mount Sinai, à New York, et de l’université de Lund, en Suède.

Les chercheurs ont étudié les données de 4 061 795 enfants nés en Suède entre 1973 et 2013, ayant survécu jusqu’à l’âge d’un an. Ils ont ensuite examiné les diagnostics de troubles du spectre de l’autisme recensés jusqu’en 2015 afin d’évaluer leur fréquence selon l’âge gestationnel à la naissance.

Les résultats montrent une association entre une naissance avant terme et une fréquence plus élevée de diagnostics d’autisme. Cette association était particulièrement marquée chez les personnes nées extrêmement prématurément.

Quel est le risque d’autisme selon le terme de naissance ?

Les chercheurs ont comparé la fréquence des diagnostics de TSA selon le nombre de semaines de grossesse au moment de la naissance.

Voici les principaux résultats de l’étude :

  • Naissance extrêmement prématurée (22 à 27 semaines) : 6,1 % des enfants ont reçu un diagnostic de TSA.

  • Naissance très à modérément prématurée (28 à 33 semaines) : la proportion était de 2,6 %.

  • Naissance prématurée tardive (34 à 36 semaines) : elle atteignait 1,9 %.

  • Naissance à terme précoce (37 à 38 semaines) : la proportion était de 1,6 %.

  • Naissance à terme (39 à 41 semaines) : elle était de 1,4 %.

Chez les enfants nés extrêmement prématurément, la fréquence observée était donc environ quatre fois supérieure à celle des enfants nés à terme. Pour les naissances prématurées entre 28 et 33 semaines, elle était également plus élevée, mais dans des proportions nettement moindres.

Il est important de distinguer le risque relatif de la fréquence réelle des diagnostics : même parmi les enfants nés extrêmement prématurément, environ 94 % n’avaient pas reçu de diagnostic d’autisme dans le cadre de cette étude.

Ces résultats décrivent une association statistique dans une population donnée. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’affirmer que la prématurité est directement responsable de l’autisme.

Source : Crump C., Sundquist J. et Sundquist K., Preterm or Early Term Birth and Risk of Autism, Pediatrics, 2021.

Quelles sont les causes possibles de l’autisme ?

Les troubles du spectre de l’autisme sont des troubles du neurodéveloppement dont les origines sont complexes. Les recherches scientifiques mettent en évidence le rôle de facteurs génétiques et de différents facteurs biologiques et environnementaux. Aucun facteur isolé ne permet toutefois d’expliquer tous les cas d’autisme.

Le rôle des facteurs génétiques

Les facteurs génétiques jouent un rôle important dans le développement des TSA. Les recherches ont identifié de nombreux gènes associés à une probabilité plus élevée de développer un trouble du spectre de l’autisme.

Les études portant sur les familles montrent également que les apparentés d’une personne autiste présentent, en moyenne, une probabilité plus élevée de recevoir eux-mêmes un diagnostic de TSA. Cela souligne l’importance des facteurs génétiques, sans signifier que l’autisme est systématiquement transmis d’un parent à son enfant.

La prématurité et le développement du cerveau

Une naissance prématurée survient avant 37 semaines d’aménorrhée. Plus elle est précoce, plus le développement du cerveau se poursuit dans des conditions différentes de celles de la fin de la grossesse.

Les enfants nés prématurément peuvent présenter un risque accru de certaines difficultés neurodéveloppementales, notamment des troubles de l’apprentissage, des difficultés attentionnelles ou des troubles du spectre de l’autisme.

Cependant, les mécanismes précis qui pourraient expliquer l’association entre prématurité et autisme restent étudiés. L’étude suédoise a montré que cette association persistait même après la prise en compte de plusieurs facteurs familiaux et médicaux, mais elle ne permet pas d’établir avec certitude un lien de causalité.

Il faut donc considérer la prématurité comme un élément pouvant contribuer à l’évaluation du développement de l’enfant, et non comme une cause unique ou une preuve d’autisme.

Les vaccins sont-ils responsables de l’autisme ?

Les vaccins ne sont pas considérés comme une cause de l’autisme. De nombreuses études épidémiologiques ont examiné cette question sans mettre en évidence d’association entre la vaccination et le développement des troubles du spectre de l’autisme.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les informations scientifiques du Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) sur l’autisme et les vaccins.

Pourquoi le dépistage précoce de l’autisme est-il important ?

Une naissance prématurée ne signifie pas qu’un enfant développera un trouble du spectre de l’autisme. Néanmoins, compte tenu des difficultés neurodéveloppementales qui peuvent être plus fréquentes chez les enfants nés prématurément, un suivi adapté peut aider à repérer d’éventuelles difficultés et à mettre en place un accompagnement si nécessaire.

Le dépistage précoce permet notamment de mieux identifier les besoins de l’enfant en matière de communication, d’interactions sociales, d’apprentissage et d’autonomie.

Quels signes peuvent justifier une évaluation ?

Les signes de l’autisme varient d’un enfant à l’autre et peuvent apparaître à différents moments du développement. Certains éléments peuvent notamment justifier d’en parler à un professionnel de santé :

  • Des difficultés persistantes dans les interactions sociales ou la communication.

  • Une réponse inhabituelle au prénom ou des difficultés à partager son attention avec autrui.

  • Des comportements répétitifs ou des intérêts particulièrement restreints.

  • Une sensibilité inhabituelle à certains sons, textures, lumières ou autres stimulations sensorielles.

  • Une perte de compétences déjà acquises, qui nécessite une évaluation médicale.

La présence isolée de l’un de ces signes ne suffit pas à diagnostiquer un TSA. L’évaluation doit tenir compte de l’ensemble du développement de l’enfant et de son histoire.

En France, les parents peuvent en parler à leur médecin, à leur pédiatre ou à un professionnel intervenant dans le suivi du développement de l’enfant. En cas de suspicion, une orientation vers une structure ou une équipe spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement peut être proposée.

Quel est l’intérêt d’un accompagnement précoce ?

Lorsqu’un trouble du spectre de l’autisme est identifié, un accompagnement adapté peut aider l’enfant à développer ses compétences en communication, dans les interactions sociales et dans la vie quotidienne.

Les interventions sont choisies en fonction de ses besoins individuels. Elles peuvent notamment faire appel à des professionnels spécialisés dans le développement, la communication, l’orthophonie ou l’accompagnement éducatif.

L’objectif n’est pas de prédire le devenir d’un enfant à partir de son terme de naissance, mais de repérer ses éventuelles difficultés suffisamment tôt pour lui proposer le soutien approprié.

Conclusion : la prématurité augmente-t-elle le risque d’autisme ?

Les recherches suggèrent qu’une naissance prématurée, particulièrement lorsqu’elle survient très tôt au cours de la grossesse, est associée à une fréquence plus élevée de diagnostics de troubles du spectre de l’autisme. L’étude suédoise portant sur plus de 4 millions de personnes apporte des données importantes sur cette association, sans démontrer que la prématurité provoque directement l’autisme.

La plupart des enfants nés prématurément ne développent pas de TSA. La prématurité constitue donc un élément parmi d’autres à prendre en compte dans le suivi du développement, et non un diagnostic en soi.

Un suivi adapté et une évaluation précoce en cas de signes préoccupants permettent de mieux identifier les besoins de l’enfant et de proposer un accompagnement approprié.

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